L'optimisme va-t-il être sélectionné génétiquement dans nos sociétés modernes?

Bonjour tout le monde, je lisais hier un passage du livre « l’hypothèse du bonheur » de Jonathan Haidt, à propos du pessimisme et de l’optimisme. Il est dit dans le livre, que les gens optimistes, ont plus tendances à supporter les événements « malchanceux » et à en tirer des leçons et des clés, pour mieux rebondir et avancer dans la vie. Le pessimiste, lui, va avoir tendance à se morfondre dans sa tristesse et à ne pas agir après de « mauvais » événements. Le spectre entre optimisme et pessimisme est à priori câbler par l’adn, et donc peu modifiable au cours de la vie. Si je comprends bien, dans l’évolution humaine, le pessimisme est une espèce de bridage pour l’Homme à agir, pour éviter de se mettre en danger et de dépenser de l’énergie dans des projets trop grand, ayant trop peu de chance de réussite. Je me demande si dans le monde moderne ( prenons la France comme exemple), ce trait de pessimisme et d’optimisme va évoluer, et que le pessimisme va au fur et à mesure se réduire. En effet, on entre dans un monde où il est de plus en plus intéressant de viser de grands objectifs et le danger ( en général) comme la faim, ne pas avoir un toit est de plus en plus minimes. L’anxiété social, permettant d’éviter de se mettre en danger « social » semble également de moins en moins utile dans un monde où il y a beaucoup de gens différents autour de nous ( comme le disais Bertrand dans une de ses vidéos). J’ai donc l’impression que l’optimisme, si notre société continu dans sa lancée et n’est pas arrêter va être de plus en plus « choisi » génétiquement. Est-ce que vous voyez des éléments du monde moderne pouvant favoriser un pessimisme autant présent?

Il y a une nature pessimiste probablement déterminée génétiquement, mais l’optimisme peut aussi être « appris », voir pour ça les expériences en psychologie positive avec le « learned helplessness » et le « learned optimism ».

Il y a beaucoup de choses qui favorisent le pessimisme dans notre société, comme on a un biais de négativité (pour optimiser la survie, apprendre à anticiper des choses négatives qu’on ignorait pour potentiellement mieux se défendre à l’avenir). Et forcément le marketing et la société capitaliste reposent sur l’offre et la demande, et par notre nature biaisée il y a une plus forte demande pour la négativité donc c’est ce qui est sélectionné.

Et le cercle vicieux ne s’arrête pas là, parce que plus on devient négatifs, plus ça crée des traumatismes et une signature neuronale négative qui s’auto renforce de façon exponentielle (et rend la positivité de plus en plus difficile).

Tu comprends mieux pourquoi Bertrand essaye de contrebalancer un peu les perspectives narratives conspirationnistes qui ne sont pas cohérentes, ou que des philosophies comme le stoïcisme te disent de te concentrer et de te préoccuper seulement sur des choses que tu peux changer à ton niveau.

Je dirais même que l’optimisme doit essentiellement être appris. Le cerveau par défaut étant plus pessimiste que optimiste. D’ailleurs plus ça va plus les études sur l’apprentissage vont dans le sens de l’hypothèse du cerveau par défaut (dont je parle tout le temps). C’est à dire que l’helplessness est en fait beaucoup moins « learned » qu’on l’avait imaginée.

« The mechanism of learned helplessness is now very well-charted biologically and the original theory got it backwards. Passivity in response to shock is not learned. It is the default, unlearned response to prolonged aversive events and it is mediated by the serotonergic activity of the dorsal raphe nucleus, which in turn inhibits escape. »

« The mechanism of learned helplessness is now very well-charted biologically and the original theory got it backwards. Passivity in response to shock is not learned. It is the default, unlearned response to prolonged aversive events and it is mediated by the serotonergic activity of the dorsal raphe nucleus, which in turn inhibits escape. »

@Bertrand D’où l’intérêt comme on en parlait hier d’agir sur le bas niveau (dopamine, testostérone, neurogenèse, etc) pour continuer à évoluer

D’accord merci pour vos réponses, c’est vrai que je n’avais pas du tout pensé à la force du partage d’informations actuel, qui pousse les gens vers un cercle vicieux

Je mets ça là car ça colle bien avec cette discussion. Un super post de r/nootropics qui répondait en gros à la question « pourquoi la nature n’a-t-elle pas fait en sorte que la bouffe normale ait un effet nootropique »

"Here’s the thing, if something helps you focus on whatever you want and do whatever you want, then it means you aren’t following your urges. You aren’t following urges to conserve energy(being lazy), you aren’t following urges to stay away from danger (anxiety), you aren’t following your urge to not spend all day thinking about math all day (wasting energy and time) etc etc.

A huge amount of compounds posted to r/nootropics change our behavior so that we are more in control of ourself and our thoughts, so we can think differently from how our ancestors thought. Our ancestors had to think about food, sex, staying away from any possible danger, and lying down all day, in order to survive.

Uridine’s mechanism of action is much more complex that simply changing behavior, but that alone is enough to show why it is tightly regulated by the body. Neurotransmitters are the carrots on a stick that lead us to follow effective survival methods. We can’t just grab the carrot, or that would defeat the purpose of neurotransmitters.

I can tell you uridine is not unhealthy. Beer is full of it and elevates blood uridine just the same as oral UMP. People have been drinking beer for like a thousand years or something."

Intéressant je savais pas que la bière avait de l’uridine, en tout cas c’est un compound que j’apprécie

Je suis en train de tester pour l’instant j’arrive pas trop à voir. Ça affecte clairement mon activité cholinergique, j’ai du retiré la carnitine à cause de ça (migraine).

Tu prends quelles doses ?

250mg oral

Le piège toxique du Jaune : « Another example of what can happen is becoming addicted to thinking very deeply about everything. Then you can be almost dysfunctionally thoughtful. And you can dissociate and not engage with reality almost ever. Because your addicted to « better » things. Deep thoughts can be too rewarding. Distracts from the rewards that society expects you to chase. Then your frowned upon for being a burnout. Or you’ll generate unnecessary conflict to satisfy your problem solving addiction. »

Râclage de gorge
C’est sur le channel Nootropics de Reddit ?

Ouais c’était dans un message

Les idées du types sont intéressantes (cosmicrush)

Ouais ça m’a refait penser à l’apophénie (du à l’excès de dopamine) chez les complotistes

Ouais ça m’a refait penser à l’apophénie (du à l’excès de dopamine) chez les complotistes

@Bertrand Les complotistes ont trop de dopamine ?

Les complotistes ont trop de dopamine ?

@Desirez-vous-du_the « De la même manière qu’un individu subissant un interrogatoire ne va pas directement révéler la vérité contre son gré sans qu’on lui ingère un sérum de vérité, un individu un minimum rationnel ne va pas accepter naturellement des connexions conspirationnistes extravagantes : il y a un cercle vicieux au niveau chimique qui va progressivement le mener à ça.
Quand notre système de détection de menace (amygdale) est en alerte, nous sommes poussés à faire des recherches, de sorte à remédier à cette menace ou tout du moins à s’y préparer. Étant donné la richesse d’Internet, à notre époque ces recherches nous mènent inévitablement à des tas d’informations, et à chaque nouvelle information trouvée, de la dopamine se libère dans notre cerveau (la dopamine étant entre autres la molécule de la récompense et de l’addiction). Étant donné le fonctionnement de la dopamine et des algorithmes de suggestions de contenus sur Internet, on peut rester longtemps dans cette boucle de recherche → récompense.
Le problème avec la dopamine c’est que quand sa concentration augmente, elle nous met dans un état d’apophénie. L’apophénie est un état d’altération de la perception qui nous conduit à attribuer un sens particulier à des événements banals en établissant des rapports non motivés entre les choses. Dans cet état, tout va nous paraître avoir été préparé pour nous : pour tester si on remarque ces bizarreries, etc. L’apophénie est caractéristique du début de la schizophrénie. »

Haha
ok ok
je vois
Ok merci pour la réponse
J’ai compris pourquoi tu as dit ça, thx !