Maître Nietzsche, sur une spirale perché,

A votre avis à quel niveau se situerait Nietzsche globalement sur la spirale dynamique ?

Si j’en juge du très peu que je connais c’est à dire 3 livres et les cours de philos glanés par ci par là je dirais orange/vert
Avec une critique virulente de la religion/morale bleue qui confine au nihilisme et qui est rattrapé en vert par une conception idéale de l’homme

Je suis plutôt d’accord avec toi sur ces points, autrement je dirais que le concept de morale du ressentiment m’a l’air assez jaune car il met en lumière les limites du niveau vert, puis la volonté de puissance pourrait paraître un peu rouge mais en réalité je trouve qu’il y a une métaphysique quasi-turquoise derrière car ce n’est pas forcément du pré-rationalisme
Pour ceux qui connaissent un peu Nietzsche, qu’en pensez-vous ?

J’avais le sentiment que sa critique de la morale du ressentiment était celle d’une morale bleue et qui était remplacé par finalement une conception idéaliste verte (et pas verte critiqué en jaune)
Mais bon je ne connais pas assez sa pensée pour être sûr de ce que je dis

Si je caricature ça fait : la morale catholique (bleue) est une morale du ressentiment (critique orange) contre nature car la nature de l’homme c’est l’expression de sa puissance (nouvel idéal / morale vert)

Je voyais plus ça appliqué aux idéologies vertes, par exemple le féminisme poussé à son paroxysme, nécessaire à la base pour l’évolution de la société, où cela devient la haine des hommes, la négation des différences hommes/femmes et où il faut absolument éradiquer le « patriarcat » et diaboliser toute personne s’opposant idéologiquement.
Autrement pourquoi vois-tu la volonté de puissance comme verte ? Ce n’est pas vraiment un idéal mais plutôt un constat naturaliste, tout organisme dans la nature cherche à se développer, à croître, à exprimer la vie qu’il y a en lui (définition grosso modo de la volonté de puissance).

Je vois effectivement ce que tu veux dire mais à l’époque de Nietzsche ce genre d’idéologies progressistes vertes n’existent pas, ce qui évidemment ne veut pas dire que sa critique ne peut pas s’y appliquer

Ce que Nietzsche déplore c’est justement ces idéologies qui domestiquent et empêchent l’humain d’exprimer cette vie qu’il y a en eux.

Oui mais justement il érige cette nature en morale / idéologie. Alors qu’une autre morale n’est pas moins naturelle finalement, mais résultant d’un niveau de conscience différent
D’ailleurs tu l’as dit toi même cette volonté de puissance est très rouge

Je vois effectivement ce que tu veux dire mais à l’époque de Nietzsche ce genre d’idéologies progressistes vertes n’existent pas, ce qui évidemment ne veut pas dire que sa critique ne peut pas s’y appliquer

Alors détrompe-toi, il y avait déjà des végétariens/vegan idéalistes (notamment Tolstoy par exemple), ou des Victor Hugo, le communisme, l’anarchisme, etc.

Mais donc cette façon de percevoir la « nature » de l’homme n’est pas plus « vraie » qu’une autre il me semble

Oui mais justement il érige cette nature en morale / idéologie. Alors qu’une autre morale n’est pas moins naturelle finalement, mais résultant d’un niveau de conscience différent

N’a t-il pas démontré dans généalogie de la morale que la morale n’est qu’une construction humaine qui sert des intérêts ?

Alors détrompe-toi, il y avait déjà des végétariens/véganistes idéalistes (notamment Tolstoy par exemple), ou des Victor Hugo, le communisme, l’anarchisme, etc.

Ah excuse moi je ne savais pas du tout

N’a t-il pas démontré dans généalogie de la morale que la morale n’est qu’une construction humaine qui sert des intérêts ?

@Prometheus
Si si c’est effectivement sa démarche mais il me semble que justement le jaune se rend compte qu’il n’y a pas d’un côté la nature (rouge en l’occurrence) et de l’autre les morales humaines (principalement bleue et verte j’imagine) mais que toutes ces morales /systèmes de valeurs répondent à un environnement, permettent une forme de société/d’existence etc


Apparemment Don Beck considère Nietzsche comme second tier donc jaune

D’accord c’est bon à savoir, c’est un extrait de quel texte ? En soi je ne suis pas sûr de mon fait hein, j’essaie juste de pousser mon idée

Moi non plus je ne suis pas sûr sinon je ne demanderais pas :slightly_smiling_face:
Merci de te prêter à cet exercice

Rectification, je ne sais pas si c’est Don Beck qui cite Nietzsche comme ça ou l’auteur du blog

Aha on est probablement là parce qu’on aime tous les deux ça
Je vais lire ça

D’aileurs j’ai préparé pas mal d’autres questions que je posterai ces prochains jours, je vais encore y réfléchir parce que je dois lire un peu de contenu de Bertrand avant pour affiner

Je connais Nietzche assez superficiellement mais il me semble à l’aise rentrer dans le jaune, juste que ce n’est pas son stade dominant, si on considère le jaune dans son ensemble. Si on prend le modèle du développement de l’Ego de Susan Cook-Greuteur qui divise le jaune en deux, le jaune fin de vert (Strategist) et le jaune avancé (Construct Aware/Magician), il me semble bien rentrer dans le premier jaune, celui qui correspond à un vert poussé à bout, un vert bien bien mûr. Après il me semble avoir décelé des nuances de Turquoise chez Nietzche (je ne sais plus en référence à quoi par contre), mais je pense qu’on peut dire que son Turquoise était très très mal intégré (ses éclats de Turquoise devaient probablement coïncider avec ses crises d’ailleurs). C’est un peu le problème qui résume cet homme je pense, il avait beaucoup de problèmes d’intégration avec ses différents stades, et notamment un beige très problématique. Niveau violet (notamment les relations) il avait l’air très névrosé et frustré aussi. Ça a du l’empêcher de stabiliser un jaune avancé. Après vu l’époque (son avancement relatif et donc son décalage par rapport à l’époque + le manque de moyens) et vu ses challenges niveau santé, ça devait être virtuellement impossible de se stabiliser. À mon avis c’est déjà un « chanceux », dans le sens où il a du exister d’autres Nieztche qui ont manqué quelques paramètres pour s’en « sortir » et dont on entendra jamais parler. Je pense que Nietzche lui même n’est pas passé à grand chose de ne jamais sortir la tête de l’eau.