Productivité : Immersion et apprentissage

Petite réflexion du jour : Le paradoxe et les illusions du signal et du bruit.

Souvent, plus tu as l’impression de recevoir du signal dans un message, en fait plus tu es exposé a du bruit ancien et redondant qui n’apporte rien de nouveau mais que tu peux facilement comprendre.

Inversement, souvent, plus tu as l’impression de recevoir du bruit dans un message, plus tu as l’impression que ça ne sert à rien, que tu es largué, que tu ne comprends que des bribes et que tu passes à côté de la quasi-totalité, en fait plus tu es exposé a du signal nouveau que tu ne connais pas encore, et donc que tu ne peux pas encore bien connecter à ton référentiel et bien comprendre.

Mais c’est précisément en s’exposant à ce faux-bruit, que progressivement, bribe par bribe, connexion par connexion, le terrain va se préparer, et le signal va être de plus en plus extrait et reçu. Cette exposition est l’étape préliminaire vers la compréhension.

Et que conseillerais-tu pour pouvoir trouver ce type de « bruit » proactivement sur un sujet qui nous intéresse ?

À réfléchir. Mais déjà laisser de la place. Dans le sens d’arrêter de donner priorité à une source de signal dont les rendements pour nous ne sont plus aussi bons qu’avant. Je pense qu’on est tous coupables de ça.

Ensuite je dirais, de chercher à explorer l’étendue des gens plutôt que l’étendue des idées/sujets.

Du coup quand on est trop à l’aise dans quelque chose c’est souvent un signe qu’on est exposé a du bruit ancien et redondant qui n’apporte rien de nouveau ?

Ouais c’est ça. Enfin pour préciser c’est qu’on est exposé à du signal ancien et connu pour nous, et donc que ce signal est devenu l’équivalent du bruit

Idéalement il faudrait devenir à l’aise avec le fait de s’exposer à ce faux-bruit alors

Ouais et même plus que ça, le valoriser.

Ouais c’est ça. Enfin pour préciser c’est qu’on est exposé à du signal ancien et connu pour nous, et donc que ce signal est devenu l’équivalent du bruit

@Bertrand Ce n’est pas plutôt le bruit ancien qui devient signal ?
Grosso modo c’est l’opposition entre liberté d’action et liberté de vie que tu décris dans un article ?
D’ailleurs j’ai lu le chapitre de ton premier livre sur le BEVI et c’est passionnant, est-ce qu’on peut encore se procurer ton livre sur internet ou autre ?

@Bertrand Ce n’est pas plutôt le bruit ancien qui devient signal ?
Grosso modo c’est l’opposition entre liberté d’action et liberté de vie que tu décris dans un article ?

@DocDoc D’un point de vue interne et subjectif oui. Mais le fait que subjectivement je ne comprenne rien au chinois (que le chinois soit du bruit pour moi) n’enlève en rien que c’est du signal qui communique quelque chose.

D’ailleurs j’ai lu le chapitre de ton premier livre sur le BEVI et c’est passionnant, est-ce qu’on peut encore se procurer ton livre sur internet ou autre ?

@DocDoc Héhé cool ! Non pour le moment il est inaccessible, après faudrait que j’essaie de voir pour le réactiver comme ce chapitre, avant tout le contenu était accessible en ligne. En fait en 2016, j’avais complètement retiré de la circulation mes deux premiers livres pour réfléchir à ce que j’allais en faire.

@DocDoc Héhé cool ! Non pour le moment il est inaccessible, après faudrait que j’essaie de voir pour le réactiver comme ce chapitre, avant tout le contenu était accessible en ligne. En fait en 2016, j’avais complètement retiré de la circulation mes deux premiers livres pour réfléchir à ce que j’allais en faire.

@Bertrand
Et bien je serais super intéressé par la lecture du livre en entier (y compris le second en anglais). Je peux même t’acheter l’epub si tu ne préfères pas le donner gratuitement (ce qui est tout à fait compréhensible), j’avais cherché à le faire mais effectivement comme tu l’avais retiré …

@DocDoc D’un point de vue interne et subjectif oui. Mais le fait que subjectivement je ne comprenne rien au chinois (que le chinois soit du bruit pour moi) n’enlève en rien que c’est du signal qui communique quelque chose.

@Bertrand
Ça n’enlève rien au principe qui est de rechercher l’exposition à du (faux) bruit mais il me semble qu’il y a un gros intérêt à la gradation (par une dimension ou plusieurs) lorsqu’on approche un nouveau concept (d’où l’intérêt du professeur qui a conscience de ces dimensions). Je ne sais pas par exemple si plutôt que d’apprendre progressivement à partir de phrases simples, de vidéos basiques etc. la meilleure façon d’apprendre le chinois est directement d’être catapulté en Chine (avec évidemment, pour que ça reste comparable on aurait accès aux même ressources pédagogiques etc.)
Et ce sans même considérer l’aspect psychologique

Justement tu fais bien de préciser ce point de discussion. Perso je pense justement que malgré le début difficile, être catapulté en Chine est très loin devant les autres méthodes pour apprendre holistiquement le chinois. Au début tu ne comprends rien mais de jour en jour à force d’exposition et d’induction, ton cerveau extrait des patterns. Après tout c’est comme ça qu’on apprend notre langue maternelle !
Après je suis d’accord que pour des trucs précis que notre cerveau n’arrive pas à décomposer, la gradation est intéressante. Mais c’est plutôt rare

Grosso modo la meilleur technique est l’immersion totale, tu veux dire ?

Oui et de très très loin, car la qualité de la compétence n’a rien à voir

Après je suis d’accord que pour des trucs précis que notre cerveau n’arrive pas à décompenser, la gradation est intéressante. Mais c’est plutôt rare

@Bertrand rare pas tant que ça, a l’école, on est obligé d’apprendre par gradation

L’immersion c’est une approche big data, et notre cerveau adore ça
l’apprentissage scolaire c’est l’inverse

@Bertrand rare pas tant que ça, a l’école, on est obligé d’apprendre par gradation

@Desirez-vous-du_the Je parle rare que notre cerveau n’arrive pas à décomposer un signal
Genre par exemple je te filme un enchaînement de Kung-Fu, si je te laisse la vidéo tu vas l’apprendre en décomposant
Mais s’il y un mouvement complexe dedans il se peut que tu n’arrives pas à le décomposer. Mais c’est rare
En général avec la répétition et l’observation, on finit par décomposer
L’avantage de l’école c’est qu’il te file direct la décomposition. Mais c’est aussi un inconvénient car quelque part ça ramollit ta propre capacité de décomposition
D’ailleurs c’est marrant tout ça me fait justement penser au premier chapitre de mon premier livre (dont @DocDoc vient de parler)
Il est dispo aussi ce chapitre d’ailleurs : https://fondation-magister.org/daimao/slpi-abstraction

Mais on est bien d’accord que la décomposition est toujours nécessaire
Simplement elle est meilleure lorsqu’elle vient de nous ?
Autrement dit dans le cas du chinois, je m’immerge en Chine et moi même j’extrait les sous patterns/aspects et je les travailles spécifiquement ?
Ou par exemple avec le kung fu, qui est peut-être un exemple plus simple, est-ce que ça veut dire qu’il faut toujours faire l’ensemble du mouvement ou va veut dire qu’il faut faire le mouvement, sentir que « tiens il faudrait que cette partie soit plus comme ça » et peut-être la travailler dans une forme d’isolation ?

Pour la langue en immersion c’est surtout que tu bénéfices de l’induction, beaucoup plus parallèle et subconscient. Alors que les cours c’est de l’abduction, beaucoup plus linéaire et conscient.
Si les données étaient équivalentes l’abduction serait bien bien supérieure
Le truc c’est que quand tu es en immersion dans un pays les données qui arrivent à ton cerveau sont beaucoup beaucoup plus riches et nombreuses.
Et comme le cerveau est par défaut un système de catégorisation, c’est bien bien plus efficient que l’abduction.
Dans le film Matrix, au début du film Neo se fait charger une énorme quantité d’informations relatives aux arts martiaux dans le crâne. C’est une bonne image de l’induction
C’est comme de passer sa journée à regarder des séquences d’arts martiaux et à s’imaginer les faire
pendant plusieurs années

Je comprends bien mais est-ce que là la question n’est pas plutôt sur de la quantité ?
Autrement dit si on avait 7h par jour de cours de chinois
Donc la différence entre immersion dans le pays et immersion dans le cours serait surtout la nature de l’information reçu
Dans le cas du pays on aurait une information non traité et dans le cas des cours une information traité et progressive

Il y aurait des avantages et des inconvénients mais oui globalement l’abduction (cours) permettrait une progression bien plus rapide

Et si on fait abstraction aussi de la trame narrative
Qui lorsqu’on est dans un pays étranger nous force à nous adapter