Qu'est-ce qu'une bonne démonstration?

Comment est-ce que vous définiriez une démonstration/explication ? Et qu’est-ce qui fait la valeur d’une démonstration/explication (autrement dit qu’est-ce qui fait une bonne démonstration/explication)?

Expliquer c’est donner du sens.
Démontrer c’est faire preuve d’une vérité.

Tu peux persuader avec une explication, mais tu dois convaincre avec une démonstration. C’est ici que je verrais la nuance.

Par exemple, tu peux expliquer la foudre comme étant la manifestation du courroux de Zeus.
Mais,tu peux aussi démontrer, preuves à l’appui, que c’est un transfert d’énergie entre deux compartiments ayant des potentiels électrostatiques différents.

La force d’une explication réside alors dans sa capacité à persuader. Peu importe qu’elle soit réfutée par certains, tant que les personnnes qu’elle vise en sont persuadées (ça joue surtout sur l’émotionnel et l’affectif).

La valeur d’une démonstration quant à elle, réside dans sa capacité à convaincre et à l’impossibilité de la réfuter par qui que ce soit.

J’espère t’avoir convaincu avec ma démonstration, ou persuadé avec mon explication :wink:
N’hésitez pas à me corriger si je bullshite un peu trop 🥲

Merci de ta réponse !
En fait je ne faisais pas de réelle distinction entre les deux. Car dans la mesure où explication comme démonstration consistent à proposer un modèle/un système je ne pense pas que la différence soit binaire. Ce que je veux dire c’est que par exemple pour l’exemple que tu donnes dire éclair = courroux de Zeus ou éclair = transfert d’énergie, fait référence à un système de pensée qui est plus ou moins rigoureux, c’est à dire plus ou moins résistant à l’invalidation par l’expérience. Mais comme il n’y a pas de modèle parfait, tout modèle, que ce soit Zeus ou Électromagnétique a une limite au delà de laquelle il est invalidé par l’expérience. Et je dirais même que ce que Zeus perd en rigueur il le gagne en simplicité ce qui le rend plus « pratique » (Bon évidemment le cas de Zeus est un peu extrême).
En fait ma question portait sur l’incompréhension que j’ai du phénomène de compréhension. Si je décompose en 3 temps. 1) Il y a un concept que je ne comprends pas. 2) Quelqu’un m’explique quelque chose, autrement dit me fait une suite d’affirmations connectées entre elles (de préférence :thinking:) et 3) à la fin j’ai une « compréhension » plus abouti du concept. Autrement dit ma question c’est est-ce qu’on peut définir la compréhension par autre chose qu’un sentiment ? Ou est-ce la capacité à expliquer ? Et dans ce cas que veut dire expliquer ?

En surtout d’où émerge la compréhension
Je ne suis pas sûr du sens de la dernière question

@Bertrand Je me souviens que pour la motivation tu as dis constamment avoir sous la main plusieurs activités motivantes. Est-ce que tu as simplement des activités motivantes ou est-ce que ce sont des activités que tu as commencé ? Pour utiliser l’effet Zeigarnik

Je dirais que la compréhension c’est une interprétation subjective (appropriation) des affirmations qui te sont données.

Dans le processus de transmission d’un raisonnement, je dirais qu’il y a deux filtres. Il y a la formulation (capacité à expliquer) et l’interprétation (capacité à s’approprier les concepts). Comme pour une radio, il faut qu’émetteur et récepteur soient sur la même longueur d’onde pour qu’il y ait bonne transmission.

Donc expliquer se définirait par la capacité à formuler son raisonnement de sorte à ce qu’il soit compréhensible par le public visé (que le message entre en résonnance avec celui-ci). On adapte notre vocabulaire selon notre public (et d’après nos compétences), on se met à niveau.

La capacité de comprendre ce serait d’avoir le bagage de pensée nécessaire pour interpréter les propos de l’émetteur de la bonne manière.

« All learning is remembering ». Je pense que c’est la même idée. Une explication relie des choses ensemble et fait « cliquer »

Un extrait de SLPI qui rejoint plus ou moins cette réflexion : « Ainsi donc, le plaisir serait en nous et se « déclencherait » par activation de mécanismes. Ceci pris en considération, le plaisir libéré par l’expérience de choses immatérielles et sophistiquées apparaît assez troublant. En effet, il est compréhensible qu’un steak ait bon goût en vertu de critères définis par l’évolution (cf chapitre 5), mais qu’en est-il des idées bien éloignées de notre nature animale ? Qu’est-ce qui fait que lorsque je lis une chose que je trouve intéressante et fascinante je la trouve intéressante et fascinante ? Comment mon esprit peut-il juger de cela ? Car il faut bien qu’à un moment donné il use de références, de critères permettant d’apprécier les qualités de cette chose immatérielle et sophistiquée. »
"De la même manière, notre organisme use du plaisir pour nous « récompenser » d’un effort accompli, et ce système de récompense semble très relatif. Par exemple, quand je réfléchis et que je trouve une idée lumineuse (de mon point de vue), je suis heureux. Mais comment mon inconscient sait-il qu’il faut me remercier par rapport à cette idée, s’il ne la connaissait pas avant ? C’est tout comme s’il attendait que je découvre enfin cette chose pour me donner la récompense prévue ! Sans compter que les critères semblent sans cesse évoluer : ce qui me fait plaisir maintenant ne m’aurait pas forcément plu il y dix ans, et il me semble évident que les idées que je découvre et qui me plaisent ne sont certainement pas des choses qui feraient plaisir à d’autres. C’est une preuve, s’il en est, que les critères ne sont pas immuables et totalement définis dans notre code génétique. Et ainsi, encore une fois, un phénomène d’adaptation est impliqué.

Je pense fortement que notre appréciation est basée sur l’abstraction et l’adaptation, et qu’à la naissance, nous disposons de critères fondamentaux portant sur des valeurs véhiculées à travers les choses de ce monde. Critères qui seront ensuite amenés à évoluer pour se complexifier et se spécialiser, pour finalement former un référentiel. J’élaborerais davantage cet aspect dans les chapitres 10 et 19, notamment. Pour ce qui est des valeurs sous-jacentes, elles seront abordées dans les chapitres suivants (et notamment le chapitre 9)."

Le passage d’après « Des inconscients guidés par la beauté » est aussi très pertinent vis-à-vis de cette réflexion. Une explication qui nous satisfait c’est une explication que l’on trouve belle.
Je vais pas tout copier-coller donc voilà le lien : Plaisir et modes de vie ‹ Soulever les paupières invisibles