Régression qualitative de la pratique au fil des répétitions lors d'une séance d'entraînement (physique ou mental)

Lorsque je répète une geste physique (physique | mais je pense qu’on peut étendre ça aux gestes mentaux) je peux le faire progresser en y mettant une certaine intention. Au bout d’un moment cependant le geste qui avait un peu progressé commence à perdre en qualité. Soit je persévère et je vais finir par redescendre bien plus bas que mon niveau le plus atroce soit je fais une pause de 5’ et je peux repartir à peu près au niveau auquel j’ai commencé. Comment est-ce que vous expliqueriez ce phénomène ?

Fatigue probablement

Est-ce qu’il y a un intérêt à aller jusqu’à la fatigue localement ou est-ce que le volume est mieux ?

Fatigue probablement

@Bertrand J’ai oublié de préciser que ce n’est pas une fatigue musculaire, c’est dans la maîtrise que j’ai de mes mouvements

Je pensais plus à de la fatigue nerveuse. Par exemple quand je parle ma capacité de contrôle fine s’erode progressivement, et ça se recharge quand je fais des pauses

Mais donc tu penses qu’il faut aller au bout de cette fatigue ou alors il faut gérer ses temps de repos/travail de manière à pouvoir faire le plus de volume possible ?

Quand j’arrive plus à garder la forme parfaite sans trop faire d’efforts, j’arrête. C’est pas efficient
il faut s’organiser pour faire du volume de qualité
donc tu fais des cycles quand tu es trop fatigué sur un truc, tu commences à te fatiguer sur autre chose qui n’est pas encore fatiguée

Mais donc tu vas quand même jusqu’à « trigger ta fatigue » ? En gros si je fais le parallèle avec la muscu la question c’est est-ce qu’il vaut mieux faire 5 séries dans lesquelles on va au max et donc avec un gros temps de récup ou est-ce qu’il vaut mieux faire quelques répétitions toutes les 5 minutes toute la journée ? Dans les deux globalement on a de la qualité (sauf peut être en toute fin de série pour celle où on max) et par contre dans la seconde on a clairement plus de volume (mais c’est bien plus coûteux en temps évidemment). Est-ce que ici le seul critère à prendre en compte c’est le volume (On a dit que la qualité était identique) ou est-ce qu’il y a une différence due au fait qu’on va jusqu’à l’échec dans le premier cas ? Et évidemment ce n’est qu’un parallèle, je pense ici à une fatigue nerveuse/mentale. On pourrait faire de même avec un exo de maths, est-ce que tu y réfléchirais par sessions intense par exemple 1-2 fois par jour ou alors toute la journée très régulièrement (qu’est-ce qui est le plus efficace et qu’est-ce qui aboutit à un résultat le plus rapidement) ?

La muscu est pas un bon parallèle pour ça car il n’y a pas de contrôle moteur fin
Pour répondre ça va vraiment dépendre du domaine
Il n’y a pas une bonne réponse « cross-domains »

Pour ton karaté tu fonctionne plutôt comment ?
Tu sais si il y a des choses qui ont été produite sur ce sujet ? Avec une perspective plutôt cross domains du coup ? On doit pouvoir classifier les domaines selon certains critères ce qui permettrait de les relier intelligemment à cette question je pense

À voir dans les travaux d’Anders Ericson et consort sur la pratique délibérée, mais de ce que je crois ils ont plutôt une approche générale
Pour le Kung-Fu j’ai différentes approches et non une seule

Et sur la muscu ?

Pour le Kung-Fu j’ai différentes approches et non une seule

@Bertrand Tu t’organises de quelle façon ?

La muscu le but est très spécifique et dissocié de la mémoire. Au fond le seul truc que tu cherches à faire en muscu, c’est maximiser la déchirure des bons micro-tissus tout en minimisant l’énergie dépensée (afin de pouvoir recommencer régulièrement). Il n’y a pas vraiment de mémoire ni de motricité fine
Le Kung-Fu c’est différent. Il y a de la mémoire et de la motricité fine, et même de la vitesse. Pour façonner la mémoire je pratique d’abord des petites parties jusqu’à ce que ce soit un minimum automatique au niveau de la structure

La muscu le but est très spécifique et dissocié de la mémoire. Au fond le seul truc que tu cherches à faire en muscu, c’est maximiser la déchirure des bons micro-tissus tout en minimisant l’énergie dépensée (afin de pouvoir recommencer régulièrement). Il n’y a pas vraiment de mémoire ni de motricité fine

@Bertrand Il peut aussi y avoir une forme de maitrise motrice de son corps, calisthenics et compagnie non ?
La gestion de l’équilibre, la fluidité des mouvements etc.

Du corps ouais mais la fluidité des mouvements en muscu bof, les mouvements sont trop simple pour que ça soit une compétence
à partir du moment où tu as pigé la forme, il n’y aura plus jamais d’améliorations à ce niveau
tout ce qui va changer c’est l’intensité (la résistance, le poids, etc)
s’il fallait pratiquer rapidement ça serait une autre affaire, mais étant donné qu’il faut pratiquer lentement
c’est un peu comme articuler

assez facile de pas bouffer de sons à vitesse lente, mais à vitesse réelle ça demande de la compétence

assez facile de pas bouffer de sons à vitesse lente, mais à vitesse réelle ça demande de la compétence

@Bertrand Et dans ce cas tu fais un travail lent ? un travail par incrémentation de vitesse ? Ou tu vas direct te bourriner la vitesse voulue ?

comme le kung-fu
d’abord travail lent pour savoir quoi faire
ensuite travail à vitesse réelle pour pouvoir travailler les transitions
ce que tu ne peux pas faire à vitesse lente
mais c’est ça qui demande du repos
car au bout d’un moment la fatigue nerveuse fait que ça sera plus difficile de ne pas faire d’erreurs

travail de transition = s’assurer que la forme soit maintenue malgré les contraintes de temps liés à la vitesse

travail lent = création de la forme ?